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Faut-il aider le Rwanda ?
Ce pays est pauvre? 70 % de son budget dépend de l’aide internationale. Quatorze ans après le génocide, tous les secteurs sont en pleine reconstruction. De nombreux projets sont financés par la Belgique, l’Allemagne, les Etats-Unis...
La question de l’aide s’adresse donc aux occidentaux dans leur ensemble. Dans quel but sommes nous ici ? Sert-on le pays aidé ?
L’aide directe a cet effet pervers de créer une attente perpétuelle de l’aidé. De plus, elle déresponsabilise en attendant toujours plus du donneur, ce qui génère un manque total d’esprit d’initiative.
J’ai eu le privilège de pouvoir rencontrer Jean Delaunoy (voir article) dès mon arrivée. Il m’a alors soufflé cette polémique. Ce Belge ayant écumé de nombreux pays d’Afrique vit au Rwanda depuis neuf ans. Sa connaissance du terrain et son sens critique lui font penser que son aide et celle de l’Europe ne préparent absolument pas l’avenir du Rwanda.
Cet homme à l’origine de la réinsertion de 16 000 personnes se demande encore s’il agit dans le bon sens.
Andréas Wagner (projet Heza) est depuis quatre ans au Rwanda. Il a formé et initié de nombreux jeunes au journalisme et à l’approche des médias. Pourtant si les robinets allemands (état financeur) se coupaient, Andréas admet volontiers que le projet cesserait automatiquement ! Il juge ses quatre années trop courtes pour avoir une réponse définitive, mais aujourd’hui, il pense réaliser une mission plus humanitaire que durable..JPG)
Au delà de l’ampleur de son projet agricole, Maren Landschulze se demande parfois si on ne fait pas tout cela juste pour se faire plaisir.
Nous avons pu ensemble constater les effets pervers de l’aide directe. En voyant un producteur appliquer un produit phytosanitaire sur sa culture de riz, pieds nus, en short et T-shirt, nous l’alertons sur les dangers pour sa santé. Aussitôt, il nous indique qu’il nous remercierait si on lui donnait des vêtements pour se protéger…
Maren a permis de cultiver le marais, protéger les bassins versants et aidé à la création de la coopérative. Où et quand doit s’arrêter l’aide ?
Pour ma part, j’ai vu énormément de choses intéressantes autour de ces projets. L’apport de notre expérience dans plusieurs domaines est évidemment bénéfique. Olivier Isatibasumba (voir portrait), est à lui seul une réponse positive.
Il me parait toutefois indispensable d’impliquer les hommes et les états dans ces missions pour qu’à l’avenir elles puissent perdurer…
Chacun est libre de penser. Le « tout bien » et « tout mal » n’existe pas. Dans un pays fraîchement sorti du chaos, il faut à mon sens apporter notre aide même simplement pour gérer l’urgence.
Je remarque que la notion de durabilité est une pensée très occidentale et que ce raisonnement implique d’être riche !
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.JPG) Carte postale de ce pays en vidéo. (Vidéo N°5)
Je joins un courriel reçu de la part de Léon, rencontré au mariage. j'avais promis de lui envoyer les photos, Il m’écrit après les avoir reçu :
« Oh mr Pottier! Je suis vraiment content. Je ne pensais pas que vous étiez sérieux!
Il ne faut pas me dire merci parce que c'était mon devoir de vous accueillir. C'est notre culture de respecter les visiteurs qui nous obligent, mais j'espère bien que vous avez découvert toute la vérité en ce qui concerne la sécurité de notre pays. J'aimerais aussi que vous le disiez à tous, qui n’entendent seulement les rumeurs des opposants de gouvernement qui habitent la bas. Merci bcp de la patience de lire cette paris match »
Je mets en ligne ce petit mot fort sympathique de Léon qui résume bien l’excellent rapport entretenu avec les Rwandais.
En général, j’ai eu à faire à des personnes très attachées à leur pays. Très peu rêvent d’ailleurs, ils souhaitent se développer ici.
Les touristes sont plutôt bien respectés, les rwandais ont conscience de l’apport des devises pour leur pays. Très souvent, ils travestissent la réalité pour présenter un pays ou les problèmes n’existent pas.
Un mot d’ordre national doit être passé déclarant qu’un touriste satisfait devient un ambassadeur chez lui ! Le message de Léon est un bon exemple.
Toutefois, il est intéressant de dépasser cette fausse vérité ainsi que la timidité rwandaise pour essayer de mieux cerner ces gens et ce pays.
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La dernière escale de mon périple au Rwanda est située au nord ouest, sur les bords du lac Kivu. Ses 2700 km2 en font l’un des plus grands lacs d’Afrique. Il sert de frontière avec la République démocratique du Congo (Ancien Zaïre). Ces deux pays ont commencé à exploiter les immenses quantités de méthane récemment découvert à 300 mètres de fond..JPG)
Comme le lac Victoria, Kivu fait office de mer intérieure. L’avantage de ce dernier est qu’il permet la baignade. La ville de Gisenyi a bien exploité ce lac en construisant une route bordée de cocotiers le long du rivage. Les grands hôtels offrent des plages privées, seule la faible quantité de touristes, différencie cet endroit de la côte d’azur.
Pour l’achat d’un coca-cola, un hôtel de luxe m’offre un transat sur sa plage. Je m’offre ma première petite baignade depuis le départ du périple. Il faut bien préparer l’arrivée à Rio. Cette journée farniente est vraiment très agréable. Il n’y a personne autour de moi, et l’un des plus grands lacs d’Afrique est à ma disposition.
La curiosité du lieu tient au fait que tous les quarts d’heure, un avion cargo trouble mon repos pour alimenter la guerre en République démocratique du Congo. A cinquante kilomètres d’ici, juste de l’autre coté du lac, des hommes se font la guerre pendant que je sirote une boisson sur un transat. Je suis de nouveau devant une situation africaine tellement paradoxale ! Il me faudra un peu de temps pour prendre du recul sur tout ce que je vis ici !
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Toutefois, j’envisage de rejoindre le Brésil en début de semaine prochaine. J’essaierai lors des jours me séparant de cette date, d’analyser mes expériences en Afrique et de terminer les aventures de Tus’ter resté jusqu’alors prisonnier d’un ranger entre le Kenya et la Tanzanie !
Je préparerai aussi la page spécial « bois » ! Vous êtes très nombreux à me réclamer une page spéciale gastronomie. Mes piètres qualités de cuisinier et mon peu de connaissance sur le sujet sont autant de raison pour ne pas réaliser une page entière sur le sujet. A travers les aventures de Tus’ter, j'y consacrerai quelques lignes...
Les lecteurs de ce site devraient malgré tout être récompensés, s'ils se restaurent sur Cherbourg … Patience !
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La fin de mon périple dans ce pays sera une histoire de lac. Ce jour, je suis calé entre le lac Burera et le lac Ruhondo, aux abords de la frontière Ougandaise.
Après m’être hissé au dessus des deux lacs, je découvre à nouveau un panorama extraordinaire ! Les deux étendues d’eau si proches ont toutefois 100 mètres de dénivelé.
Une centrale hydro électrique profite de la chute pour produire 22 millions de kilowatts par an.
J’entreprends ensuite de descendre sur les bords du lac Burera.
J’assiste alors à des scènes de la vie quotidienne d’une beauté presque émouvante.
Comme toujours, collines et montagnes se concurrencent pour rendre les lieux paradisiaques.
Quelques petites péniches naviguent sur les eaux. Aux abords, des enfants pêchent. Il m’est difficile de m’asseoir et observer, puisque ces enfants se ruent sur le « muzungu » ! Malgré la barrière de la langue, ils m’expliquent que les péniches sur le lac transportent hommes et femmes habitant sur l’autre rive. L’endroit étant très reculé, ni routes, ni voitures ne permettent aux habitants d’acheter et vendre leurs provisions.
Dès le matin, ces petits bateaux déposent Hommes et nourriture de l’autre coté pour se rendre au marché le plus proche.
Ce sont les femmes qui emmènent les sacs de nourriture sur leur tête. Les hommes s’occupent de ramer.
Les enfants se chargent de pêcher de tout petits poissons pour le repas.
Certains se jettent à l’eau et nagent pour me montrer à quel point ils peuvent être téméraires ! Leurs habits sont précaires et sales, mais ces jeunes n'en sont pas moins attachants !
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Le midi, les poissons sont enfilés sur un morceaux de bois, puis ils sont grillés. Un petit garçon s’étant prêté au jeu de la photo m’offre donc un petit bout de son repas. Les arrêtes sont si petites qu’elle rendent le poisson croustillant.
Petits et grands s’amusent de me voir à leur coté. L’ambiance étant à la détente, je sors ainsi Tus’ter du sac. La moitié des enfants partent alors effrayés en courant!
Au Kenya, Tus’ter se faisait démembrer, cette fois-ci, il fait fuir…
Petit à petit, les enfants finissent par se rapprocher. Je ne sais plus très bien qui est la bête sauvage ! Eux, Tus’ter ou moi ?
Si loin des villes, ces enfants n’avaient probablement jamais vu de peluche!
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Je regagne ensuite mon véhicule très entouré, puis chacun retourne à ses activités, soit laver le linge, aider leur mère ou pêcher…
Juste avant de repartir, un gros véhicule tout terrain se gare à mes cotés. Un couple de rwandais et leur petit garçon viennent se détendre. Ce dernier est vêtu d’un jean, d’une paire de basket et d’une casquette « Nike ». Il a le même âge que les autres. Rapidement les enfants se toisent puis s’ignorent. Un monde les sépare.
Sous mes yeux, j’ai le résumé d’un problème universel. Ces enfants sont tous rwandais, un seul est promis à un bel avenir, les autres essaieront de survivre...
Voir photos et vidéo Rwanda N°4
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Après avoir visité le mémorial et les musées consacrés au génocide à Kigali, j’avais décidé de m’en tenir à ces témoignages.
Bien entendu, à travers tout le pays, la mémoire de cette période est entretenue.
Pourtant fatigué par la découverte de la forêt de Nyumbwe, mon chauffeur espérant probablement une rallonge, tient absolument à m’arrêter au mémorial de Murumbi. Malgré mes tentatives de refus, il gagne à l’usure !
Je suis désolé de vous imposer à nouveau ce sujet !
Ame sensible, s’abstenir de lire ce qui suit…
En avril 1994, Murumbi était une école pas tout à fait terminée. La taille importante des nombreuses classes en fit un endroit idéal pour regrouper 50 000 Tutsis et les mettre en sécurité.
Le soir du 21 avril, une foule de miliciens, de militaires, de tueurs armés de machettes, de grenades, d’armes à feu, de massues cloutées, de pelles, de marteaux et tout ce qui pouvait servir à tuer, firent une descente dans ce camp. Toutes les classes de cette école abritaient des Tutsies. Ils furent tous massacrés. Les fuyards étaient poursuivis jusque dans les marais. Au final, seul dix personnes échapperont à la mort. 50 000 tués, sur un seul site !
A la différence des autres, ce mémorial ne raconte pas l’horreur avec des témoignages, mais il la montre ! On visite donc ces classes, ou 2000 cadavres sont entreposés et figés dans l’horreur de la scène. Les génocidaires alignaient parfois hommes, femmes et enfants et leur coupaient les pieds à la machette.
L’ambiance de ces « classes » est oppressante. Malgré la chaux et les billes de parfums posés sur les corps, l’odeur est vraiment nauséabonde. Un enfant est encore sur le dos de sa mère, les tailles des cadavres laissent imaginer les pires horreurs. A quelques dizaines de mètres, deux fosses communes ont reçu les 48 000 autres morts.
J’ai hésité à faire ce post !
Peut-être que de voir l’horreur a plus d’impact sur certains ?
Peut-être qu’avec ce genre de mémorial, toute tentative de révisionnisme est bannie ?
Puisque ce mémorial existe et que je l’ai vu, je l’évoque tout de même sur mes carnets de route.
Toutefois, l’exposition des armes destinées à tuer, l’odeur et l’ambiance d’un amas de corps entremêlés m’ont dérangé. Peut être, n’ai-je pas saisi l’utilité de montrer ce que peuvent être des actes barbares !
A la sortie de son livre « Les bienveillantes », Jonathan Littel était accusé d’avoir usé de pornographie de l’horreur ! Qu’en est-il alors avec ce mémorial !
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La forêt Nyungwe est la plus grande forêt de montagne en Afrique (~1100 km2). Elle abrite plus de 250 espèces d’arbres, près de 150 variétés d’orchidées et des chimpanzés de tous types.
Hélas, Nyungwe commence à être envahi de cerchostachus. Ces plantes faisaient le bonheur des éléphants avant qu’en 1999, les braconniers aient raison du dernier. La disparition des éléphants dérègle l’écosystème de la forêt. A terme, les cerchostachus vont étouffer certains arbres. Il est question de réintroduire des éléphants Camerounais adaptés à la montagne.
Désormais, cette forêt est déclarée réserve naturelle. Sa protection contre les braconniers est assurée par l’armée. Des pistes sont entretenues par des gardes et permettent de fantastiques randonnées, moyennant toutefois des prix assez prohibitifs !
Etant donné qu’il m’est désormais imparti de réaliser un page spécial « arbres », je passe outre le prix et m’engage au cœur de la forêt en compagnie de mon guide.
Nous oscillons entre 2000 et 2600 mètres d’altitude. C’est un petit entraînement pour aborder de futurs pays qui m’amèneront à flirter avec les 5000 mètres !
Comme partout au Rwanda, je m’émerveille de cette verdure et de cette luxuriante végétation. Certains arbres culminent 40 mètres au dessus de nos têtes.
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Par endroit, les arbres jonchant notre chemin sont l’ère de jeu de quelques colobes (variété de chimpanzé), s’amusant plus de 20 mètres au dessus de nos têtes.
Heureux de trouver la petite cascade constituant le point d’altitude le plus bas de la journée, je fus tout aussi heureux d’atteindre la fin du treks ! Décidemment, je ne suis pas encore près pour le Népal.
Sur le chemin du retour vers Butare ou j’ai élu domicile, je ne peux m’empêcher de photographier ces collines couvertes de thés ! Surprenant…
Retrouvez photos
et la vidéo Rwanda N°3 (Dès qu'une connexion le permettra!)
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Après avoir mené grand train pour mes 30 ans (resto, hôtel, vin rouge…), je reprends le chemin des chambres peu onéreuses. Je trouve donc un toit bon marché au centre Saint Jean-Baptiste, se trouvant face à la plus grande cathédrale du Rwanda.
On m’indique que la salle de réception du centre accueille un mariage à 17 heures ! Je prends cette nouvelle comme une aubaine et vois une chance, de conjurer l’acte manqué du vendredi.
Dès le début de l’après-midi, j’emmène Tus’ter visiter cette cathédrale. La décoration me laisse espérer la venue d’un mariage. Vers 15H 30, des mariés et une foule d’invités entrent et emplissent les bancs. .JPG)
Décidé à assister à la cérémonie, j’aborde Albert ! Flatté d’apprendre qu’il porte le nom d’un prince Monégasque, il fait de moi son invité. Et peu importe si je suis en claquettes !
Pour ne pas risquer un nouvel affront, je deviens Yann, voyageur en fin d’étude, belge, avec une foi sans faille. (C’est loin d’être un rôle de composition !)
Albert, aimablement prend possession de ma caméra et filme la cérémonie.
Les mariés ne se donnent pas de baisers au sein de l’église, mais une simple accolade !
Mis à part ce détail, l’office religieux ressemble aux nôtres. (Pour ce que j’en connais)
A la sortie de l’église, les amoureux partent faire quelques photos pendant que les invités regagnent la salle des fêtes.
Albert ne veut plus filmer la suite, il veut discourir avec une jeune fille ! Mariage en perspective…
Oscar devient alors mon caméraman. Il m’explique les trois étapes des mariages rwandais.
Tout d’abord, le futur époux rend visite à la famille de sa dulcinée pour leur offrir une vache. En échange, le jeune homme reçoit sa future épouse. Tous prennent alors la direction d’un repas chez les mariés recevant pour la première fois chez eux. On ne vit évidemment pas ensemble avant le mariage !
Après ce repas, la seconde étape est le passage à l’église. Ici, la religion est totalement associée à cet événement.
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La dernière étape se passe dans une salle. Les mariés coupent un ruban en entrant avant de se laisser emmener par des danseurs vers leur place d’honneur. La salle est divisée en deux. Les familles ne se mélangent pas. Pour ma part, je suis du coté de la mariée. La salle est disposée de façon à assister à un spectacle. Les mariés sont sur une estrade, leur famille proche sur leur coté et les autres convives face à eux, sur des chaises.
Les pères trinquent à la bière de banane pour le bonheur de leur enfant.
Nous recevons ensuite un "fanta" et une part de gâteau.
Les danses traditionnelles entrecoupent les discours des familles. Le frère du marié prend la parole et offre une vache à son frère, au nom des bons moments passés ensemble (Message personnel à mon frère : N’y pense même pas !).
Si toutefois, les futurs époux sont issus de famille urbaine, la dote de la vache se transforme en sa valeur (200 000 Francs RW= 250 euros).
Je me suis bien amusé à découvrir cette fête rwandaise, mais j’ai bien l’impression d’avoir été le seul. Tout ce folklore a quelque chose de très consensuel.
Vous pouvez essayer de chercher les sourires sur la vidéo ! Mention spéciale au marié lui-même…
A vous de juger
Vidéo Rwanda N°2 (dès que je trouve une connexion rapide)
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Chaque année la même date… Je suis né un 3 octobre.
Cette année est un peu particuliere. D’une part j’entre dans la catégorie des trentenaires. D’autre part, je suis au Rwanda, loin des amis et de la famille.
Je profite d’emblée pour remercier toutes les personnes m’ayant témoigné de leur sympathie. De si loin, c’est encore plus touchant !
Le plus beau cadeau reçu, je le vis actuellement. Je suis dans ce Rwanda tant rêvé, et il ne me déçoit pas ! Je vis un rêve éveillé au quotidien. Les pays, les décors et les rencontres m’enrichissent et je ne boude pas mon plaisir à fêter cela ici.
Pour l’occasion, je suis donc invité à un mariage traditionnel rwandais au sud du pays. Je quitte donc Kigali rejoint la veille, pour rencontrer Andréas Wagner et son projet « Heza ».
Je prends la direction de Butare sans indication pour ce mariage. N’ayant aucune nouvelle à midi et étant donné que ma présence en tant que média français (site Internet) avait posé problème à la famille des mariés, je n’insiste pas et improvise un nouveau plan pour cette journée.
Le début de semaine au nord m’ayant réservé quelques nuits d’hôtel peu onéreuse, mais peu confortable et sans électricité, je m’offre la lumière pour mes 30 ans !
Une chambre de classe supérieure ! C'est-à-dire avec l’électricité et salle de bain dans la chambre. Ce n’est pas tous les jours l’anniversaire !
Le midi, je me paie un tête à tête avec Tus’ter et une petite sieste plus tard, je sillonne à pied les alentours de Butare. Il y a des villes comme celle-ci où l’atmosphère nous enveloppe et on se sent bien. J’aime cet endroit, je sais que je n’y resterai pas une seule nuit !
Pour le soir, je suis décidé à me faire un bon resto, mais je me loupe sur le menu. Peu importe, je sors boire un pot et fait part de ma générosité du jour, à deux Congolais tout heureux de trinquer à ma santé.
Enfin, dernier cadeau ! Toutes les personnes me connaissant un peu savent à quel point France-Inter a une place dans ma vie. Et bien, Eric Lange pour « Allo la planète » me donne la parole et m’offre un joyeux anniversaire de la part de toute la planète.
Pas si mal ces 30 ans!
Retrouvez l’émission « allo la planète » du 03 octobre sur http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/allolaplanete/archives.php et découvrez les raisons du non mariage (après cinquante deux minutes 30 d'émission).
Bientôt sur le site "Une Terre Pour Tous" dans l'onglet "Interviews radio"
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Après avoir passé quelques jours forts agréables à Kigali, je décide de partir vers le nord et de rejoindre Ruhengeri. Cette ville est la plus proche du parc des volcans et de ses gorilles.
C’est encore et toujours en bus que je reprends la route. Au Rwanda, ils partent à l’heure ! Emplis ou pas, on part ! Les routes sont excellentes, ça tranche véritablement avec le Kenya !
Les chemins empruntés sont de types montagneux. Je comprends avec aisance l’origine de l’appellation du Rwanda, « pays aux milles collines ».
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Arrivé à destination, j’entreprends de sillonner la région en voiture. Ici, il n’est rien qui ne soit pas verdoyant. Nous sommes sur une terre très volcanique, tout y pousse. Les plantations de bananiers succèdent aux celles de haricots, de maïs, de pommes de terre parfois agrémentés d’une fabrication de briques.
Hommes, femmes et enfants sont partout sur le bord de la route. Beaucoup roulent à vélo et chargent ce dernier comme un véhicule tout terrain. Malgré cela, un rwandais et un vélo peuvent transporter d’énormes régimes de bananes, des dizaines de briques ou une centaine de kilogrammes de pommes de terre.
Inévitablement, mon passage est jonché d’un seul cri : « Muzungu !»
Ce qui annonce l’arrivée d’un blanc. Ce sont surtout les enfants qui hèlent, mais les adultes ne sont pas tous avares de ce cri.
Tous ces « musungu » annoncent mon arrivée. Le message fait le tour des collines bien plus rapidement que je n’avance !
J’arrive enfin sur la rive du lac où je dois visiter une centrale hydroélectrique. Les militaires, les responsables du site et des dizaines d’enfants m’attendent déjà.
Après m’être présenté, on m’informe que même envoyé par le ministère des infrastructures, j’ai la formelle interdiction de photographier. J’insiste en prétextant un reportage pour un journal français. C’est un mauvais choix, mon argument agace le responsable. Je baisse donc pavillon et laisse Tus’ter sagement au fond du sac.
J e finis ce petit périple par une visite seul aux alentours du site, et j’en profite pour une photo interdite qui ne m’apporte rien sinon la satisfaction de braver un interdit ! Non mais !
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Cette ville ne ressemble à aucune que je connaisse. Elle est si étendue, qu’il est impossible de la découvrir à pied ! Une nouvelle fois, j’opte pour l’option bus. C’est avant tout la propreté de cette ville qui me frappe. Cela tranche avec ce que j’ai vu jusqu’alors ! J’ai toutefois plaisir à me promener en soirée dans les rues, sans risquer pour ma sécurité.
Les maisons se construisent à flanc de colline et étendent la ville à n’en plus finir. Plus votre maison est en hauteur, plus vous êtes riche ! Il y a quelques immeubles dans le centre administratif et commerçant de Kigali, sinon les maisons individuelles n'en finissent plus d'étendre la ville. L’état des routes est excellent, on se croirait presqu’en Europe.
Les autorités Rwandaises veulent faire de Kigali « La » ville référence d’Afrique ! A bien des égards, elle est en bonne voie.
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Toutefois, cette politique a ses limites, puisqu’elle pousse tous les pauvres dehors. La ville devient réservée aux riches. En plus de rejeter les problèmes un peu plus loin, Kigali perd un peu de son identité Africaine. D’autre part, la 2 x 2 voies reliant l’aéroport au centre, agrémentée de 12 kilomètres de plantations de palmiers est peut être déplacée alors que plus de 60% des Rwandais sont en situation de pauvreté (vivant avec moins de un dollar par jour).
Pour ce qui est de la partie culturelle, cette capitale entretient le souvenir d’un génocide encore présent dans toutes les têtes. Il est très difficile de visiter le mémorial consacré à cette époque, sans qu’une larme n’échappe à notre vigilance ! Je ne vais pas multiplier les exemples de ce que j’ai vu et entendu dans ce musée. C’est évidemment violent, bouleversant, émouvant, révoltant… Il n’y a pas de superlatifs adaptés !
Chacun de nous a encore en mémoire le sort réservé aux Juifs pendant la seconde guerre mondiale. Inutile d’ajouter à l’horreur. Les photos sont interdites, mais l’idée de sortir Tus’ter ne me traverse même pas l’esprit.
Ce dimanche midi, j'ai assisté à l'hommage militaire réservé aux dix soldats belges tués le premier jour du génocide. Le colonel responsable de la sécurité belge n'est autre que Bernard, mon premier contact en couchsurfing au Rwanda. Une délégation d'affaire belge était en visite. Bernard m'a introduit gentiment à cette cérémonie. J'ai de nouveau replongé dans l'histoire, et je commence à bien connaitre le sujet!
Je suis actuellement hébergé dans une immense maison. Je ne sais encore pas qui vit réellement ici, mais il y a une majorité d’allemands, une américaine et une personne de la République Dominicaine. Nous sommes six ou sept, c’est une nouvelle auberge espagnole, où l’anglais, le français et l’allemand sont pratiqués. Joli mélange…
Ce pays est ainsi fait, que l’on ne sait jamais en quelle langue aborder les gens. Le français des colons belges est bien présent, mais l’anglais prend le dessus.
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Depuis mon arrivée au Rwanda, je ne chôme pas !
Hier soir, j’étais invité chez des amis Congolais rencontrés à l’hôtel des mille collines. Immersion dans un autre Kigali pour partager repas et expériences. Ils sont trois, l’un est médecin, l’autre banquier, le troisième part faire u n master de droit international en Irlande la semaine prochaine.
Ces garçons me sidèrent par leur culture politique française. Je n’ai pas envie de politiser ce site, mais leur œil africain sur nos représentants est très intéressant.
Ils me parlent aussi des tensions actuelles, et même de cet état de guerre entre le Congo, le Rwanda et l’Ouganda.
Les contacts pris à mon arrivée m’ont conduit ce matin au ministère des infrastructures pour évoquer la problématique de l’énergie au Rwanda.
Passionnant sujet qu’on retrouvera dans les projets, puisque je devrai visiter une centrale micro électrique.
Je profite d’une petite pause ce midi pour prendre deux photos de Kigali. Je rejoins ensuite Jean Delaunoy rencontré hier, qui m’emmènet sur le terrain cet après-midi. (Voir projet).
Demain, j'entreprends de visiter cette ville et vous livrerez les premières photos.
Tus'ter me fait un peu la tête, je l'ai très peu sorti! On verra s'il veut venir avec moi demain...
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Mon passage dans ce pays, nécessite un petit préambule. La question : « Pourquoi, le Rwanda ? » m’a été posée maintes fois. Il y a deux raisons essentielles:
-La première est que ce pays est très différent du Kenya, et malgré tout assez peu éloigné. Le coût du transport est donc très inférieur à un trajet vers l’Afrique de l’ouest.
- La seconde raison, (qui est la principale) est que ce pays me fascine peut être plus que tous les autres. La démarche est donc très personnelle, le Rwanda me fait rêver ! J'y suis...
Il faut tout de même rappeler qu’en avril 1994, les Uthus commirent un génocide sur l’autre ethnie, les Tutsis. En douze semaines, on dénombra un million de morts !
J’avais 16 ans à l’époque des faits. Je n’aurais jamais su placer le Rwanda sur une carte, ni expliquer ce qu’il s’y passait.
Seulement, grâce à des émissions de radios ou à des livres, l’histoire de ce pays m’a rattrapé.
Comment un pays se reconstruit-il après cela ?
Pourquoi ce pays nous fait-il encore aussi peur ?
C’est avec une réelle excitation et une profonde curiosité que j’aborde la visite de ce pays.
La première approche est excellente. L’avantage d’entrer dans un pays avec le bus, est qu’il permet les rencontres. Tous les rwandais abordés lors de ce long voyage sont charmants. J’ai déjà quelques numéros de téléphone de certains prêts à m’aider.
Le Rwanda est une ancienne colonie belge. Ce n’est donc pas un hasard, si ma première adresse en couchsurfing à Kigali se situe chez Bernard, un belge.
Son accueil est très chaleureux ! Il m’a préparé une liste de personnes à contacter, afin de trouver des projets de développement du Rwanda. Sa maison est au moins au niveau de l’hôtel des mille collines. (Hôtel phare de Kigali)
Hôtel dans lequel nous sommes allés prendre un verre, hier soir... Encore des rencontres passionnantes !
Non décidément, tout va bien !
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