Durbar square est le centre monumental de Katmandou. Ces successions de temples, palais et statues en font l'un des hauts lieux touristiques de la capitale.(1).jpg)
C'est aussi l'endroit stratégique qu'a choisi Bishal Lama pour mendier. Malgré un physique juvénile, et un visage angélique, Bishal a treize ans.
Les cheveux sales, les pieds nus , les ongles noirs, pantalon déchiré et pull tâché, le monde de la rue est une jungle. Plutôt que de faire et refaire les poubelles dans le but de trouver du plastique et le vendre, Bishal grâce à ce visage attendrissant préfère mendier auprès des touristes. Avec cinquante à soixante roupies népalaises (55 centimes d'euros) par jour, le jeune garçon évite les longues journées à rechercher du plastique.
La gratuité des premières années d'école a permis au garçon de savoir lire et écrire. Ensuite, ses parents décident de le déscolariser et lui laissent la rue comme terrain de jeu. Il a neuf ans, lorsqu'il passe sa première nuit dehors. Rentré un peu trop tard, la porte de l'immeuble est close. L'insouciance de parents, peu inquiets pour l'avenir de leurs enfants envoie Bishal directement dans la rue. Les quelques fois où il revient, son père le bat. Il aime toujours ses parents, mais ne veut plus vivre avec eux.
Le jeune garçon passe l'essentiel de son temps en compagnie d'enfants en rupture avec tout système. Il est un enfant avec des rêves et des jeux d'enfants mais vivant dans un monde sauvage, « Cette vie est plus dure qu'une vie d'adulte ».
Katmandou recèle de nombreux centres d'accueil pour enfants des rues. Il trouve refuge au sein de « l'association Pomme cannelle ». Les tentatives de re-scolarisation sont vaines. La rue est son élément, il s'enfuit très vite de l'école. Ce milieu est essentiellement masculin, Bishal se bagarre avec d'autres enfants des rues « Juste pour rigoler ». Parfois, il joue aux billes et pendant quelques secondes il replonge en enfance.
Les rares filles dans la rue sont ramassées de force par certaines ONG, si elles n'ont pas déjà été violées et emmenées par des proxénètes.
Bishal n'a pas de petite amie. « Les filles, c'est pour les garçons qui vont à l'école ». Quant à son avenir, il l'évoque avec difficulté, tant il ne sait pas de quoi demain sera fait. Toutefois, en réfléchissant, il exprime le souhait de travailler dans cette association où il a trouvé refuge.
Gageons que la rue n'ait pas raison de lui avant cela.
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