Bangkok en danger!
2009-06-03
par yann

 


  Bangkok est une véritable jungle urbaine où se mélange agitation et méditation, pollution et saveurs épicées, baraques en tôles et grattes ciels modernes. Les douze million d'âmes de cette cité des anges sont pourtant menacé par la montée du niveau de la mer.

Temple en danger
 

   En l'espace de trente années, la mer a grignoté un kilomètres de côtes en détruisant quelques mangroves. Ce phénomène a donc déjà englouti le village de Kuhn Samut Chin où désormais, seuls les poteaux électriques et le temple émerge encore. Ce village de pêcheurs de crevettes avait dans un passé récent détruit la mangrove pour creuser des étangs à crevettes. La montée des eaux a donc été fatale aux sept cent habitations. L'école et les maisons ont été démontées et reculées, jusque dix fois pour certaines. Des barrières en bambous ont été érigées, mais elle ne changent rien à l'inexorable avancée de la mer.


 

  A une heure de route de la capitale thaïlandaise, ce phénomène a de quoi inquiéter les autochtones. L'OCDE ( Organisation pour la coopération et le développement économique ) estime Bangkok , au septième rang des villes les plus menacées par les inondations dans le monde. Les habitants ont pris la mesure du phénomène et sont légitimement inquiets. Il existe plusieurs raisons à cela, cette ville est construite de un à deux mètres au dessus du niveau de la mer, sur un sol argileux. Ceci provoque un enfoncement naturel de la ville. De plus, le pompage des nappes phréatiques dû au développement urbain anarchique amplifie le phénomène. Enfin, de nombreux canaux ont été bouchés afin de construire routes et autoroutes. Le réchauffement climatique provoque la montée du niveau de la mer, entraînant d'année en année, des moussons plus violentes ainsi qu'une rapide érosion des côtes.

  L'aéroport international Suvarnabhumi situé à une trentaine de kilomètres de la ville n'est pas épargné par le risque. D'ailleurs, en l'espace de huit ans, pistes et infrastructures se sont affaissées de quatorze centimètres. 

  Mesurant enfin la mesure du problème, les pouvoirs publics cessent de rejeter la faute sur les uns ou les autres, mais tentent désormais de trouver des solutions. Des réseaux de digues et de réserves se construisent. Cette partie du pays est riche et dispose d'une technologie efficace pour affronter un problème de cette envergure. Un groupe d'élus envisage aussi la construction d'un « mégamur » pour protéger la ville.

  Même si les premières villes en péril se situent presque toutes en Asie, il est à craindre qu'il faille attendre que Miami ou New-York soit aux portes du danger pour qu'enfin on s'attaque aux véritables causes du problème.


 

Habitations sur pilotis en traversant les khlongs

 

 


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